Un nouveau secret

 Cette fois, c'en était fait. Il n'avait plus de souffle. On respirait de plus en plus mal. On essayait de produire quelque chose, d'agencer quelques mots pour créer un palais, aussi sombre fût-il, aussi glauque fût-il... Un lieu qui vive, qui ondule, qui grouille, même. 

 Rien. Il n'y a rien de plus ennuyeux que l'herbe jaunie par la chaleur, à perte de vue ; rien de plus froid qu'un ciel vidé. Alors, on fait ce que l'on peut. Du bricolage. De l'artisanat. On met les deux mains dans la boue, et on remue. On échoue. On façonne tant bien que mal ; on ferme les yeux pour y emprisonner le soleil. 

 C'est laborieux... On attend, quelques rayons dans la boue, quelque arc-en-ciel qui donne un sens. Il adviendra sans doute ; pourvu qu'il pleuve, pourvu qu'il saigne. C'est bien cela : du sang, de la pluie, un nuage. C'est ainsi, dans mon pays, que les éphèbes font naître 
des arcs-en-ciel. 

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