Cri d'un exilé
J'entends encore l'ombre d'Ovide, errer sur ces rivages inhospitaliers et barbares, l'ombre de Rome qui périssait déjà un peu, l'ombre de l'or qui se changeait en fer.
Je t'entends, Ovide, je te vois. Comme un prisonnier splendide, dans sa cage dorée, sur des rivages désolés. Je te vois, Ovide, écrire en tremblant pour jouir encore un peu de ta splendide Rome. Tu m'as fait voir tes rêves, tes cauchemars terribles ; sacré prophète ! Je les vois, Ovide, tes convulsions, tes larmes pâles sur un sol aride.
Je te vois, je t'entends ; je sais qu'en un lieu vidé, froissé et grossier, plein de flèches et de vipères, ton ombre tremble ; mais, Ovide, tu pleures en distiques ?
Je t'entends, je t'entends, rêver d'une énième et salvatrice
métamorphose.
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