Le nœud sur le roseau

 Où es-tu passé, dans ce bois étrange ? Je descends vers cette source que tout le monde a oubliée. Jamais je ne m'y étais rendu de nuit. J'y vois mon reflet, celui de la Lune. C'en est presque clichétique... Heureusement que le vent murmure des mots bien profonds, qui tranchent le souffle. Heureusement qu'il rend l'ensemble très houleux... 

 Que dois-je faire, maintenant ? Suivre bien nettement le protocole. Avez-vous déjà fait l'expérience de regarder longtemps votre reflet dans les yeux ? C'est terrible. Cela ouvre une voie, une brèche, une plaie, peut-être. Cela titille un troisième œil, entre les deux premiers, au niveau du front. Et là, vous tremblez, vous flottez. 

 Ensuite, vous dites les mots bien dans l'ordre. Et il vient vous entourer de ses ailes d'or et de plomb, vous clouer au sol de sa sainte beauté. Jamais vous ne verrez un plus charmant sourire que le sien. Vous levez la main droite vers le ciel, avec votre main gauche, vous montrez le sol. Vous ne savez pas comment, il vous prend un peu de souffle et de sang ; à ce moment-là, vous volez un peu, tout est trouble et brumeux. 

 Vous vous réveillez dans la fraîcheur d'un matin humide, herbeux et sublime. Cette transcendance qui retourne le sang et les moelles. Qui déplace tout. 

 Vous vous tairez, n'est-ce pas ? On vous donnera ce qu'il faut, pour cela. Silence, jeune chose, silence, ce n'était qu'un rêve. Ombre d'une ombre ; reflet d'une âme. Passé flouteux

Restera ce sourire divin dans la brume, 
Et ces quelques gouttes 
de sang. 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

ןָּתְשֻחְנ

Les mots du soir

Cri d'un exilé