Les croix de l'aube
Il avance doucement sur les chemins parsemés d'irréversibles mots. Posés comme des enclumes rouges. Lourdes. C'est un essoufflement qu'on entend dans la brume. La lourdeur, dans chaque pas, dans chaque élan - coupé. Tout est profondément statique et enlisé. Comme il a peur, peur d'avoir tout renversé, répandu, éventé.
La route est jalonnée de grandes croix sombres, leur bois est robuste, sec. Le sang coule le long des routes. Le bois s'abreuve du sang des accrochés. Une avenue immense, plantée de crucifiés, d'anéantis, de damnés. Crucifiés à l'endroit, à l'envers. Cloués. C'est tout.
Loin, très loin, le jour se lève derrière la colline qui verdit. Comme hier, peut-être comme demain. Peut-être.
Derniers feux jetés sur les croix de l'aube baignées de sang
et de rosée.
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