L'énigme

 Il y a des fragments sombres, un peu mouillés par la pluie et le soir. Mais si on les presse, il en sort des pluies d'étoiles - crois-moi sans ambages. Suis-moi, je te montrerai tout ce que tu dois savoir. Ensuite, nous mourrons peut-être. Quelle importance ? 

 Il y a des fragments jaunes, rouges, ciel, qui palpitent dans le noir, qui sourient dans la nuit, qui dansent quand il est tard. C'est merveilleux, tu sais ! Viens, suis-moi, tu ne le regretteras pas ! 

 Alors on trace un trait sur une toile bien tendue, toute neuve. On dessine un soleil, deux tornades, un arc-en-ciel. Un chaos bucolique. On met des pontillés pour écrire des sottises, des prières, des sourires faux, des moues étudiées pendant des heures. On fait son cinéma, jeune homme ; mais on est merveilleux, malgré tout. Ne vous y trompez pas, ne soyez pas sot, n'ayez pas l'âme fangeuse : ce serait si dommage... 

 Il y a des pièces étranges, qui brûlent quand on les prend dans la main. Mais il paraît qu'elles purifient l'âme. Vous y croyez ? Moi, je ris de bon cœur. Qui veut sa saignée ? 

 Il y a des pièces manquantes, voilées, volées ou bien cachées ; dans un coffre, quelque part ? Vous posez trop de questions, c'est décevant ; arrêtez donc, sinon je pars, je fuis, je prends mon avion ! 

 On fait avec et on célèbre l'espace, le vide, la place, ces grands temps de mystère. 

 Ces sublimes marges blanches, 
 imbibées de silence.







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