Deux colonnes bien en place racontent des histoires interdites

 Quelle statuaire sublime ! Jamais, jamais, vous ne verrez plus une telle blancheur, une telle harmonie. Jamais plus. Ces allées plantées d'herbe fine, d'arbres élancés, de plantes colorées. Cette porte immense, couverte de dorures...

 Là, tout est plus sombre, plus acide, plus vibrant, clignotant, complexe et battant. Je respire moins bien, mais inspire plus en profondeur. C'est plus intense, plus net, plus tranchant. C'est vertige. Direct et tournoyant. Truffé de sourires éblouissants, faux, d'artifices, de lumières tamisées, de spots électriques. Du naturel, il ne reste plus grand-chose... Et après ? C'est si beau, après tout. 

 Les vitres sont teintées et les regards sont sombres, pleins d'histoires incroyables. On ne se regarde pas souvent dans les yeux. On en mourrait. 
Sur le coup. 

Il n'en sortira pas indemne. C'est certain. C'est le jeu. 
Quelques gouttes pourpres dans de l'encre épaisse et noire. 
Voilà comment on signe. 

Mais tout va bien, quand il fait soir, tout va bien. 
Il y a toujours un ange. Il peut être un peu glacé, un peu étrange, plein de tourbillons et de silences. 
Mais il y a toujours un ange. 



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

ןָּתְשֻחְנ

Les mots du soir

Cri d'un exilé