Derrière la statue ornée de mousse

 Tout est hors de contrôle et hors de proportion. D'immenses arches d'or pur. Des roses géantes, rouges, pourpres, mauves, écarlates, jaunes, et mille autres couleurs qui ne reçoivent point de nom. Voilà où nous sommes installés. Voilà où il entre, couvert d'eau glacée, frissonnant de froid sous le soleil ardent. C'est un triomphe, une apothéose sublime. Tous fondent, tombent, se taisent, disparaissent. Tout simplement. 

 Pour une nuit, seulement, laisse ces notes incroyables, ces accords hypnotiques briser tes chaînes ; tu n'as plus le droit de retourner en arrière. D'ailleurs, j'ai un secret : derrière toi, il n'y a rien à voir. Regarde ces bonds, ces sauts, ces chants qui coulent le long de ta peau sucrée, qui s'inscrivent au creux de tes os pour les faire resplendir... 

 Il y aurait encore beaucoup à dire. Mais, tu le sais, ils arrivent, te saisissent, t'entraînent dans leurs danses de souffles et de regards. Chacun est au centre d'un spectacle inédit, explosif, saturnien, vif. Dès lors, les mots nous manquent et les yeux trompent. Il faut d'autres couleurs encore, d'autres voix, des lumières plus sonores.

 Ce jeu, on le pratique à l'abri des regards. Où l'on peut briller sans s'excuser ; exulter sans déplaire ; être sublime sans faire geindre les commères ; [...].


 Je retranche et j'ajoute 
 Tout ce que je veux. 


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

ןָּתְשֻחְנ

Les mots du soir

Cri d'un exilé