Au creux d'une impasse
Il a marché, bien au-delà des grises frontières de la ville. Là, tout est plus sombre, mais tout a un charme différent ; dans un coin secret et noir, dans un sous-sol embué, vaporeux, endiablé, on danse au-delà de toute mesure, on parle toutes les langues. On se comprend parfaitement. Là, le corps parle, plus juste que les mots. Babel n'a pas fait peur à ces âmes ruisselantes, à ces peaux enflammées.
Il entre. Goûte leur liqueur exquise et brûlante. Il est des leurs. Ils l'ont attendu, de toute éternité, ils l'ont voulu, de toute éternité. Quelques guitares traînent, ainsi qu'un vieux piano. Tout n'est pas très bien accordé, ça grince un peu, certaines ampoules sont grillées, mais chaque corps ondule au bon moment, de la meilleure des façons. Chaque œil est captivé comme il se doit.
Ils composent une musique acide, superbe, pleine de cheveux en bataille et de sourires incorrects. Pleine d'interdits. De licence. Tout est sous contrôle, pour l'éternité. La mélodie se compose, chaque accord se pose, le rythme s'expose, ensorcelle et révèle les âmes, sans ambages. Ce soir, c'est le grand déballage...
Cette mélodie attire, attrape, attache, capture, emprisonne dans un paradis urbain, chaud et brumeux.
Pour l'éternité...
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