Le pacte des anges
Vous méconnaissez les anges. Jamais ils n'ont été ces enfants dodus, ces choses asexuées, aseptisées. Croyez-vous vraiment qu'ils bondissent de nuage en nuage, en riant niaisement ? Triste éternité...
Non, les anges sont de beaux êtres bien faits, pétris de sève, d'esprit, de désinvolture. Ce sont de jeunes chairs au regard hautain, au corps superbe, qui savent rire de tout ; ils sont absolument exquis et ne manquent pas de savourer leur jeunesse éternelle, leur foudroyante beauté.
Ils sont nus, parfois, c'est vrai ; mais, souvent, ils sont vêtus de pièces magnifiques, d'étoffes excentriques, de manteaux élégants, de parures mirifiques. Ils organisent d'interminables défilés, des spectacles à couper le souffle, rythmés, endiablés. Tout n'est que sublime, art, intensité ; un show perpétuel, plein de jeux lumineux, d'éclairages vibrants.
Oubliez, pour finir, leurs ailes blanches, leurs plumes ; pourquoi donc leur donner ces allures de volailles ? Les anges, mes amis, n'ont pas besoin d'ailes pour voler : pour qui les prenez-vous ? C'est leur ivresse, leur enthousiasme, leurs œuvres splendides, qui les font planer.
Et peut-être, parfois, leur éternité.
Pour gagner l'éternité, ils se retrouvent, certains soirs, couverts de capes immenses et sombres ; et, quand tous sont là, sur leur grand échiquier, sous un triangle d'or, ils se mettent à danser. Et après ? C'est mon secret,
pour l'éternité.
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